Au final, nous sommes toujours seul…

Je dis cela, car peu importe ce que nous vivons, notre bonheur, nos souffrances, nos pensées, nos apprentissages… Il n’y a que nous qui savons exactement ce que nous vivons et comment nous choisissons de le vivre…

Je lisais voilà pas si longtemps un témoignage qui disait : « Les gens ne peuvent pas comprendre ma maladie… » En effet. Ils peuvent cependant, pour certains, essayer de se mettre à votre place, dans vos souliers en se référant à leurs propres expériences pour tenter de vous comprendre le mieux possible, mais non, ils ne pourront jamais comprendre entièrement ce que vous, vous vivez et comment vous le vivez. Alors… Pourquoi attendre que les autres vous comprennent ? A 100%, c’est impossible, ça n’arrivera pas… Vous perdez alors votre temps et votre énergie et pendant ce temps, vous ne vous concentrez pas sur la seule chose qui puisse être le plus bénéfique pour vous qui est, de regarder cette maladie en face de l’accepter et de la gérer du mieux que vous pouvez. Et cela, vous seul pouvez décider du comment !

L’être humain est empathique, mais à prime abord, sa souffrance sera, la plupart du temps, plus importante que celle de leurs pairs. Pourtant, ils ne savent pas du tout à quel point les autres la ressente. Certaines personnes vont l’exprimer, d’autres, vont sembler super fort tandis qu’en réalité, ils souffrent énormément de l’intérieur. Nous avons tous un gros nombril qu’il est difficile de mettre de côté quand les épreuves se pointent devant nous. Le JE-ME-MOI prends énormément de place… Pourtant, en tant qu’être humain, tous les humains ont des épreuves dans leur vie. Tous, sans exception. Parfois, quand j’ai mal, je me console en me disant que non, je ne suis pas seule. Je suis seule à vivre cette souffrance en ce moment qui est mienne, mais les autres aussi, ils ont chacun leur combat à l’intérieur d’eux-mêmes. Ont dirait que ça allège ma propre douleur. Les autres aussi, ils vivent des deuils, des maladies, des chagrins d’amour, de la violence dont ils ne savent pas comment s’en sortir… Mais encore là, au final, même si tout le monde tente de nous consoler, quand on souffre, cette grosse boule à l’intérieur de nous, il n’y a que nous qui puissions la faire passer et cela passe par une gamme normale d’émotions que l’on appelle le deuil. Le deuil, tout le monde le vivra au cours de leur vie et ce sera, à tous ces gens, de choisir comment ils le vivront. Ce choix, est celui-même qui déterminera aussi combien de temps, celui-ci durera…
Camoufler et tenter d’étouffer ses émotions n’est certes pas la solution. Quand à moi, si je puis me permettre, cela ne fait que retarder le processus, mais c’est mon opinion… Au final, le résultat d’un deuil est supposé être : L’acceptation, la résilience. Lorsque cette étape est franchie, la vie redevient plus légère.

Je me suis rendue compte, au fil des années, que même si les gens semblaient vraiment comprendre mes peines, ils ne pouvaient pas faire les démarches à ma place. Que leur support, bien intentionné, n’était toujours que temporaire. J’accumulais alors les « plasters » sur le bobo, sans jamais aller au fond des choses et demeurant, accrochée à biens des frustrations inutiles. Avec les meilleures intentions du monde, personne ne peut vous guérir de vos plaies si ce n’est que vous-mêmes qui choisissez d’y faire face, ce qui est certes, inconfortable, mais qui devient très guérisseur. Il faut parfois creuser, aller voir, nommer, pleurer, pour enfin nettoyer tout le méchant, ce qui permet ensuite d’y voir plus clair et choisir de manière libre et éclairée de changer notre vision des choses pour continuer d’avancer en focussant sur les apprentissages au lieu de demeurer dans les aspects négatifs, qui entre nous, ne servent à rien sinon à nous garder dans un état de victimisme et de nous maintenir en arrière. Tout le monde sait et a déjà eu des gens qui vous mettent tous les points positifs de la situation bien au clair devant votre nez, qui sont réels, mais que vous, trop occupé à rester centrer sur votre douleur, vous vous dites… « Oui, mais tu ne peux pas comprendre… » Alors moi j’ai envie de répondre… Oui, je ne peux pas comprendre à 100% ta situation. Mais oui, je peux comprendre que c’est difficile, mais que seul TOI, a le pouvoir de choisir dans ta tête de focusser sur le positif ou tous les aspects négatifs de la situation et crois-moi, choisir le négatif, c’est beaucoup plus difficile. Que seul toi, a le pouvoir de passer à une autre étape dans ton processus du deuil et que de demeurer dans la colère, ça n’avance pas.

La souffrance est à pleins de niveaux différents. Alors je crois que peu importe la forme qu’elle prend… Le résultat reste le même. Qu’en vous, vous pouvez choisir d’affronter ou de fuir. La fuite est très bien déguisée. Entre autre, dans le fait de focusser et de demeurer sur les aspects négatifs de la situation. Ce qui vous maintien dans une énergie de basse vibration… Les souffrances qui se pointent dans vos vies, vous n’avez souvent pas le contrôle dessus et vous perdez de l’énergie à essayer de changer ce que vous ne pouvez pas changer au lieu de changer votre attitude face à l’épreuve… Ça demande une ouverture, des efforts, un engagement de votre part simplement pour l’amour de vous-mêmes… Pour vous aider vous-mêmes et vous comprendre, vous-mêmes. Les autres, ils n’ont rien à voir là-dedans ! Ils peuvent vous supporter, mais ils ne peuvent rien régler pour vous.

L’amour de soi, l’estime de soi, c’est la même chose. Se donner droit à l’erreur, c’est la même chose aussi. Au final, nous sommes les seuls à pouvoir choisir de s’aimer et de s’autoriser à être des humains imparfaits, dignes d’aimer et d’être aimés. La preuve est toute simple… Si vous faites une erreur, tout le monde vous dira et de manière sincère, que c’est pas si grave que cela, que vous êtes supers bons, que ça peut arriver… Et vous, vous choisissez de vous taper dessus, de vous traiter de bon à rien, que vous n’y arriverez pas etc. Alors même si tout le monde vous comprends, c’est qui qui a le gros bout du bâton vous pensez ?
Les gens autour de vous peuvent vous aimer tels que vous êtes réellement. Eh oui ! Avec vos défauts et vos qualités, avec votre surplus de poids, vos erreurs, votre maladie, votre passé, vos enfants etc. Mais même s’il vous aime profondément, si vous ne vous considérez pas digne d’être aimés, vous ne les croirez même pas ou à moitié. Ça donne quoi alors qu’ils vous comprennent et qu’ils se fendent en 4 pour vous aimer? Vous êtes les seuls maîtres de vos pensées et de ce que vous en faites. Vous croirez que l’on puisse vous aimer réellement quand vous vous croirez dignes d’être aimé par vous-mêmes !

Je suis consciente que lorsque la douleur arrive, il est plus facile de focaliser sur le mal, la colère, le négatif en fait. Pour quelles raisons ces pensées sont plus faciles ? Ça je n’en sais rien, mais on dirait que celles-ci font surface en premier et que c’est difficile de les éloigner. Probablement, car nous sommes en réaction avec la perte de contrôle sur la situation ? C’est une hypothèse parmi tant d’autre… Mais il est possible de changer ces pensées et sincèrement, l’énergie change automatiquement aussi. Ça ne se fait pas en une fois sans effort, non, le négatif revient toujours un peu, mais je crois que dans notre intérêt et l’intérêt de tout le monde, de choisir de travailler fort pour focaliser nos pensées sur nos apprentissages, nos bons coups, de se féliciter pour notre manière de cultiver l’amour au lieu de la haine, peut grandement aider à passer au travers plus vite ou du moins, vivre l’épreuve plus facilement. Ça n’enlève pas tout, exemple dans le cas de maladies chroniques, mais c’est plus facile que de se battre dans le vide pour des choses qu’on ne peut pas changer.

Nous pouvons être fiers de se rendre compte qu’avec le temps, nous affrontons les épreuves de manière plus adulte, responsable, avec une ouverture nouvelle, une compréhension, une écoute, sans se faire la guerre à soi-même… Dans l’amour. Et non, ce n’est pas de l’utopie, c’est un choix santé physique et mental pour nous-mêmes avant tout !

Reconnaissez vos progrès dans vos actions. Tout le monde évolue. Soyez fiers d’avoir réussi à parler davantage, d’avoir su mieux gérer vos émotions, d’avoir développé votre écoute, votre patience, votre estime de vous-mêmes, d’avoir sécurisé davantage vos insécurités, d’avoir surmonté vos peurs et une multitude d’autres choses. Soyez fiers de l’épreuve placée devant vous. Vous pouvez la regarder comme un beau et grand défi à relever. Un problème mathématique à résoudre à la hauteur des compétences que vous avez à acquérir en ce moment. Que probablement que ça ne vous le tentait pas du tout, mais que faute de choix, le plus vite vous retrousserai vos manches et serez prêts à faire de votre mieux pour vous en sortir, le plus vite vous passerai à autre chose pour continuer d’avancer plus aisément. C’est une question de survie pour vous-mêmes, par amour pour vous-mêmes. Soyez fiers d’avoir trouvé la force de passer à travers la tête haute, car on fini toujours par s’en sortir vainqueur, peu importe le résultat et dites vous que la prochaine fois, ce sera encore mieux, car être humain, c’est cela !!! C’est de vivre des montagnes russes constamment, savoir s’adapter, évoluer, s’accommoder, traverser de grands stress, de grandes périodes émotionnellement difficile et ce… Jusqu’à notre dernier souffle. Faites-vous confiance, croyez en vous-mêmes, choisissez ce qui est le meilleur pour vous-mêmes. Non, ce n’est pas facile, mais au final, personne d’autre que vous ne peut le faire…

Kathleen Chouinard