Témoignage.. Prévention du suicide

2D4AF349-C1D6-4FE6-B17A-5529027CF508D’aussi loin que je me souviennes, le mal de vivre m’a toujours accompagné… Jusqu’au 30 mars 2014 en fait… Aussi… J’ai toujours écrit…

Je me suis écrit cette lettre en 2009 que je partage aujourd’hui.  Eh oui!  J’ai été cette femme, que je ne peux même plus imaginer avoir été aujourd’hui tellement mes pensées ont changées, que mon attitude a changé et que j’ai appris à m’aimer.  Je peux comprendre parcontre, qu’à cet instant dans ma vie… Rien n’y personne n’aurait pu me faire changer d’idée sur mon état que je croyais sincèrement être chronique… Mis à part, vouloir y croire moi-même… Juste un peu…

S’en sortir, ça existe réellement et même si certaines personnes peuvent tenter de me faire croire que je peux retomber à tous moments, car je suis supposée demeurer fragile… Je suis désolé de vous le dire et ne vous le répéterai jamais assez, c’est impossible! Et non, je n’adhère plus à cette croyance.  La vie est pour moi aujourd’hui, l’aventure la plus merveilleuse qui soit. Parfaite comme elle est, dans ces joies et ses tourbillons d’épreuves. Je l’accueille exactement telle qu’elle est et lui tiens fermement la main, dans tous les chemins calmes et tordus qu’elle me dirige!  On s’aime d’un amour fou 😍 à la vie à la mort. C’est inébranlable et inconditionnel!

Alors oui, il est possible de retrouver la lumière et ce, pour tout le monde qui se donne la chance de croire en eux…Juste un petit peu! Ça commence quelque part et ça grandit à l’infini! Parce que si nous nous sommes laissé tombé un jour, le bonheur lui, ne nous a jamais abandonné… Il suffit d’en lui tendre la main et de lui permettre d’entrer chez nous…. Parlez-en! Tout s’apprend. Même d’apprendre à s’aimer ❤️ xxx

ATTENTION… C’est lourd à lire alors…. On peut comprendre que c’est lourd aussi dans une tête et un coeur…..

Le 27 février 2009

Je me sens comme une épave. Une chose quelconque laissée à l’abandon, brisée, seule dans un endroit désert, froid, sombre et humide. Je me sens seule avec moi-même dans cet univers pesant, trop pesant. D’une certaine façon, le fait de vivre en société me demande de fréquenter les gens de mon espèce, mais d’une autre, la perspective de ne jamais plus voir personne me réconforte et j’oserais jusqu’à dire me plaît. Ce n’est pas que je n’aime pas les gens qui m’entourent, loin de là, par contre, je me plais à penser que l’absence de ma présence cesserait de les contaminer de mon humeur maussade et qui est, à mon avis, irréparable. J’ai l’impression d’être une coquille sans vie qui erre dans le temps en attendant de m’éteindre de façon naturelle ou accidentelle n’osant pas provoquer le destin, sans toutefois imaginer toutes sortes de stratégies les unes plus folle que les autres afin de mettre un terme à cette souffrance intérieure qui est la mienne et dont personne ne peut comprendre la raison ni l’existence. Cette sensation qui m’étouffe, comme une pression constante au niveau de mon coeur qui irradie jusqu’au fond de ma gorge chaque fois que je me donne le droit de penser. Moi j’appelle cela un mal de vivre chronique. Quand est-ce arrivé? Je n’en ai pas la moindre idée. Ce mal s’est emparé de moi à petit feu, sournoisement comme un cancer pour ne pas que je sois pas capable de l’éliminer dès les premiers symptômes et qui a tôt fait de s’emparer de mon âme pour l’empoisonner à tout jamais. C’est comme si j’avais cessé d’être heureuse et que je ne me rappelais plus comment rire un bon coup. En fait, je ne me souviens pas avoir passé une journée où j’ai été heureuse du lever jusqu’ au coucher du soleil. Je vois les gens autour de moi qui sourit et disent qu’ils aiment la vie et croque dedans à pleine dents et je ne comprend tellement pas leur langage. Pour moi, il n’y a aucune raison d’aimer la vie. Aucune. Je me demande même ce que j’ai pu penser de mettre au monde deux enfants qui vont vivre le même enfer que moi sur terre. J’ai dû penser que des enfants me rendrait heureuse. Certes, je suis contente de les avoir, elles sont mon sang, mais ce sang est médiocre. Pourtant, ce sont de petites filles innocentes qui sont aimantes et affectueuses et qui ne demande qu’à faire leur chemin dans cette vie injuste et pourrie. Je ne peux pas leur en vouloir, elles ont le droit d’aimer la vie, tant mieux pour elles. Je leur souhaite juste de ne jamais suivre les traces de leur mère pour ne pas cesser de vivre tout en demeurant en vie elles aussi. Quel piètre tableau… Devrais-je me sentir coupable? Certainement. La culpabilité, je connais parfaitement. Elle est ma grande amie, presque mon âme soeur. Suivie de rancune, susceptibilité et négativiste. Pour contre balancer, je ne possède rien. J’aurais sûrement souhaiter posséder une once d’estime de moi-même ou de confiance en moi, mais ce n’était pas dans mes gênes paraît-il. Quoi que dans un passé lointain, je me rappelle en avoir eu, un peu du moins. Avant que je me rende compte que ma vie n’était qu’un échec total et que, quoi que je fasse, ce serait toujours le même refrain. Je pourrais également dire que je suis incapable de m’adapter aux situations nouvelles qui me sont présentées. Effectivement, ce n’est pas totalement faux. Ce qui me rend d’autant plus coupable et ainsi la roue tourne. J’essaie de me convaincre moi-même que je suis capable de bien des défits, j’arrive même à me croire. Malheureusement, la réalité n’est que trop brutale et me ramène à me dire que j’en suis réduite au néant et que je ne serai jamais bonne à rien. Je suis une mère indigne et insensible. Dans mes temps libres, je serais supposée jouer avec elles, les cajoler, leur montrer à cuisiner, jouer à des jeux de société, leur raconter des histoires. Au lieu de cela, la seule chose dont j’ai l’énergie de faire est de m’asseoir à côté d’elles et d’écouter la télévision. Ça ne me tente pas de faire rien d’autre. Lorsqu’elle me parlent pour me raconter leur journée, je n’ai pas envie de les écouter et même si je m’y efforce, je vois bien à leur visage déçu que je suis incapable de faire semblant. Ce qui me rend tellement coupable et du même coup, je me dis que je suis en train de briser toute la confiance qu’elles sont en vue de se bâtir. Culpabilité me collant à la peau, j’ai juste envie de partir le plus loin possible pour qu’elles aient la chance de s’épanouir sans de mauvaises influences. Pour qu’elles cessent de se faire crier après pour des banalités dont je suis la seule à tout trouver épouvantable. Je ne suis qu’irritabilité et impatience. Mon conjoint ne cesse de me répéter que je suis une bonne mère malgré tout, que je demeure une femme exeptionnelle à ses yeux et que je suis la meilleure. Il me dit aussi que ce n’est qu’un mauvais moment à passer et qu’il ne cesse pas de m’aimer pour autant. Je ne comprend tellement pas. Serait-ce qu’il est inconscient? Pourquoi se borne t’il à me mentir lui aussi? Les gens autour de moi me disent que je ne suis que fatiguée et que ça va passer, que le meilleur est à venir, ils se racontent des histoires eux aussi. Le pire c’est qu’ils en sont convaincus. J’ai des amies qui continuent de me téléphoner et de m’inviter à me joindre à elles pour prendre des cafés. Elles m’offrent toutes leur aide si j’ai besoin de parler. Elles gardent contact malgré le fait que je n’ai jamais le temps de les voir et que je fais que me plaindre lorsque l’occasion se présente. De plus, ma présence est comme invisible, je suis comme une enveloppe vide n’ayant strictement rien à offrir, essayant de survivre pour je ne sais quelle raison valable. Comment voulez-vous que je me sente? Je ne comprends rien de leur attitude. Sincèrement, je serais la première à cesser de me parler si chaque fois que je me verrais, je ne cesserais d’avoir un air bête et m’efforcerait de sourire. Comment se fait-il que je compte encore à leurs yeux? Je m’équeure moi-même et elles, veulent me sauver j’imagine. De toutes manières, personne ne peut comprendre mon état. Je suis la seule à vivre cet enfer. Pourtant, je n’aurais pas à me plaindre et je le sais. J’ai un métier, une maison, un mari qui fait l’envie de plusieurs, des enfants qui, pas parce qu’ils sont les miens, mais sont vraiment extraordinaires et un chien qui est docile comme tout. Bref, j’ai tout pour être heureuse. Je ne suis pas si laide que cela malgré mon acné qui ne m’a jamais lâchée depuis mes grossesses et la tonne de vergetures qui me décorent le ventre et autres parties de mon anatomie. Sans expliquer mes autres défauts qui ne paraîssent point une fois habillée. Mon mari ne me fait aucun reproche quand à mon corps qu’il considère plus que parfait. Ce qui m’agace encore une fois, car je suis loin de qualifier mon corps d’aussi parfait que lui peut le faire. D’une autre façon, si j’étais plus laide, il arrêterait d’avoir toujours envie de moi, quoi que je n’en suis pas convaincue non plus. Il a toujours envie de faire l’amour, de me coller, me protéger, me bécotter, le problème est qu’il voudrait que je sois comme lui, ce qui est loin d’être le cas. (Du moins, c’est ce que je ressens.) Je sais qu’il est déçu à mon sujet et je me sens d’autant plus coupable de cette situation également. J’aimerais être à la hauteur de ses attentes. Être l’amante parfaite qui a toujours du temps pour son bien-aimé, qui a toujours le goût de faire l’amour, de lui faire des massages, de prendre des bains en amoureux etc. Je me trouve déjà chanceuse de ne pas avoir totalement perdue ma libido. Pour ce qui en reste par contre, ça en est ridicule! J’aimerais aussi être la parfaite ménagère. Le problème est que tout cela me répugne au plus haut point. Il me semble que ce n’était pas si pire auparavant. Je faisais les tâches ménagères normalement comme tout le monde sans chiâler ou soupirer. Mon mari participe plus que je lui en demande d’ailleurs, même qu’il en fait plus que moi. Le problème, est qu’il n’est pas aussi perfectionniste. Le simple fait de préparer les repas, faire le lavage, le ménage et le pire de tout… l’épicerie et les maudites commissions, me semble comme une traversée de la mer du pacifique à la nage, ou la montée du Mont Everest en sandales sans coinceurs mécaniques pour s’agripper. Bref, ces actions sont devenues des corvées insurmontables, des obligations qui m’empoisonnent l’existence et qui viennent juste rajouter plus de désaroi à ma piètre existence. Quel beau tableau je fais de ma vie. Si je le peignais sur une toile, je crois qu’il n’y aurait rien du tout. À mes yeux, je ne vaut même pas la peine de sortir le chevalet et les pinceaux.

Il y a trop longtemps que j’ai oublié comment avoir un sourire sincère, comment rire aux éclats, comment me tenir en compagnie de mes amies. Je me sens toujours comme une extraterrestre en présence des autres. Je me sens de trop, comme une pomme pourrite qui ternit l’environnement dans lequel je me trouve, quel qu’il soit. Quand je reçois une invitation, j’hésite à m’y rendre. Je me résous enfin à y aller en essayant de me convaincre que je vais avoir du fun et que je dois prendre une minute à la fois. Le problème est que aussitôt que je mets les pieds ailleurs que chez moi avec des amis, je me sens tellement mal et je ne souhaite que retourner d’où je viens le plus rapidement possible. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me sens pas bien. Le serrement au niveau de ma poitrine revient de plus bel et mon instinct de survie me dit de partir et de revenir dans mon lit en boule pour pleurer. Je dois par contre me tenir debout de toutes mes forces et me parler pour ne pas montrer mes faiblesses et faire semblant que tout va bien en souriant sous mon masque non convainquant et regardant les heures passer jusqu’à ce que je juge qu’il est assez tard pour partir sans avoir l’air impolie. Je scrute les gens autour de moi, leurs paroles, leurs rires, ils ont vraiment l’air heureux. Je les envie pour mieux déprimer par la suite une fois rendu chez moi, les enfants couchés, le mari satisfait (parfois), me virant sur le côté en boule avec mon mal de dos chronique et souhaitant m’endormir à tout jamais. Sachant trop bien que mon souhait ne serait pas exaucé, je prie mon grand-père décédé de venir me parler durant mon sommeil pour me donner la force de continuer de me battre pour ma merdique existence. Ce qui ne se produit jamais également et que je continue de m’accrocher. Je me sens terriblement coupable d’écrire ses lignes, mais je me dois de le faire. C’est comme si je disais à mon mari qu’il est minable et pourtant, c’est l’homme le plus merveilleux qu’il me soit été de rencontrer. Je l’aime énormément, mais je ne lui rends pas bien. Il mérite tellement plus que moi. Pour mes filles, je me dis que je pourrais partir, mais je sais que leur père a parfois autant de difficulté à se tenir debout que moi, alors je me convainc qu’elles ont besoin de leur mère. Si égoïste et minable soit-elle. Alors je continue de respirer, de toute façon ai-je le choix? On a toujours le choix, mais les choix ne sont pas souvent faciles à faire. J’ai imaginé toutes sortes de scénario pour en finir. Par contre, pour les assurances, étant donné que j’ai une voiture neuve, des prêts et bourses et la maison, je voulais que ça passe pour un accident. Mis à part essayer de faire croire à un accident contre une van, ce qui n’est pas très original, je préférais la version théâtrale de partir en avion le plus loin possible vers un endroit paradisiaque et nager le plus loin possible dans la mer avec mon tuba pour mourir d’épuisement en admirant le spectacle des fonds marins. Tout compte fait, ce fut un des plus beaux moments de ma vie, me sentir comme dans un aquarium géant avec une multitude de poissons de couleurs écarlates. Voilà une image qui me fait chaud au coeur, à croire qu’il y a de l’espoir, si minime soit-il. Il existe de belles choses sur cette planète malgré tout. Une chose est certaine, je ne ferai rien qui pourrait faire en sorte que ma famille me retrouve sans vie. Ce n’est pas un spectacle réjouissant et de finir dans un sac avec une étiquette sur le gros orteil, ça ne me dit rien pour le moment. Je préfère être mangée par les poissons ou méconnaissable, gisant en morceaux éparpillés sur la chaussée. Pour ce qui est d’ingérer des pilules… quelle drôle d’idée! Mon expérience m’a apprise qu’il en fallait beaucoup pour réussir son coup et ce, même jumelé avec de l’alcool en profusion! C’est surprenant la force de la nature humaine sur ce plan. Le foie et les reins sont de fabuleuses machines et quand ça ne suffit pas, les gens se réveillent avec des contentions aux poignets et un tube dans la gorge les obligeant à respirer. Sans oublier le détail qui leur échappe, comment se fait-il qu’ils en sont arrivés là? Ils ne se souviennent pas de s’être retrouvés à l’hôpital et sont branchés de partout à leur réveil avec des infirmières des soins intensifs. Les soins intensifs, quel sujet brûlant. Dire que j’étais tellement fière de me retrouver sur ce département. Quoi que, avant même d’y mettre les pieds, les infirmières chiâlaient contre les CEPI qui allaient débuter sur leur département en disant que nous serions des fardeaux et qu’on enlèverait la place à des gens plus expérimentés et ce, devant nous, haut et fort pour être certaine qu’on les entende. Je savais à quoi je m’attendais, je savais que ce serait difficile, je pensais être armée contre toute attaque. Hélas, je m’étais encore racontée des histoires de conte de fées. C’est une habitude chez moi de me faire des illusions. Nous sommes deux nouvelles diplômées aux soins intensifs. Cela a prit au moins deux mois avant qu’on commence à nous saluer. Bref, même au bout de 8 mois, il nous est impossible de percer leur cercle bien fermé. Personne, ou presque, nous prête attention sinon de nous chercher des problèmes si mineurs soit-ils. Tout pour aider notre confiance. Je parle au nous, mais ma collègue s’en sort mieux que moi. De mon côté, je ne compte plus les fois où j’ai pleuré sur le département, sur les étages, en mettant le pied dans ma voiture jusqu’à la maison, en entrant ici etc. Pleurer à m’en fendre l’âme. Maudit que ça fait mal, tellement mal. Pourtant, je me borne à me raconter des histoires, me disant que c’est simplement la fatigue, comme les gens me disent et que je vais finir par devenir une bonne infirmière et me sentir compétente. Je n’ai aucun mauvais commentaire de la part de mon coordonnateur, au contraire, j’ai des félicitations. Une personne très exigeante m’a même dit que je serais super bonne à l’urgence. Sincèrement, j’en suis restée étonnée sur le coup, mais malgré cela, je me sens comme une merde. Je m’en veut du moindre oubli, même si je n’ai jamais fait d’erreur majeure ou d’oubli de médicaments. Je sais que dans ce domaine la perfection n’existera jamais. Je suis terrorisée par la peur de faire des erreurs, de manquer de jugement, de ne pas voir juste et de mettre en péril la vie de mes patients. Autant je me dis que dix ans auparavant j’aurais peut-être eu la confiance en moi pour ce métier. Sauf que maintenant, j’ai bien peur de ne pas en avoir assez. Au fait, je n’en ai pas du tout. J’aime le contact avec les patients, j’aime ce que je fais, les techniques, par contre, je suis dans l’incapacité de gérer mon stress. Je suis dans un état de panique total à chaque début de chiffre. J’angoisse à savoir sur quel département je serai à chaque jour. Je n’ai pas envie de côtoyer mes collègues de travail, ce que je trouve difficile, car normalement, j’aimais travailler en équipe. Si le ménage est au-delà de mes forces… ça donne une idée du reste. Une fois mon travail débuté, je regarde les heures passer, je veux partir loin, je me parle, je souris à mes patients qui sont majoritairement agréables, rien n’y paraît. Je fais ma petite affaire, mais au fond de moi, je suis tellement blâsée. Je me dis que tout cela ne mène à rien. Que je ne serai jamais heureuse nul part. Où que j’ailles et quoi que je fasse. J’essaie de me mettre en situation pour d’autres emplois, me disant que c’est peut-être le travail de nuit, le stress, le départements, l’attitude de mes collègues de travail, la charge de travail et j’en reviens toujours à la conclusion que je serais aussi stressée dans une boutique ou ailleurs en plus que mes talents de vendeuses sont lamentables. Je me dis que normalement, j’aime quand ça bouge et je déteste la routine, alors pourquoi suis-je si misérable? Je suis super travaillante, j’ai été 4 ans à faire mes études, à travailler les fins de semaines, les soirs, à courir les gardiennes à la dernière minute, cassée comme un trou à me faire chier pour essayer de me créer un avenir intéressant. Je voulais que mes filles puissent faire du ski, les apporter dans des sorties banales comme Val Cartier sans que je me sente sur le point de faire faillite. Et là, après toutes ses énergies déployées, je me retrouve ici, pleurant devant mon ordinateur à défiler mes échecs les uns après les autres sans trouver de solution. Je ne sais plus ce que je veux, je ne sais plus ce que je vaut. Ai-je encore de la valeur? Selon moi, non, selon les autres, oui. Si j’écoute les autres, être infirmière, c’est un titre qu’ils seraient fiers de porter. Pourquoi moi je m’en fou? Il est certain que l’idée du métier que je me faisais est bien loin de la réalité, mais comme je me dis, je n’aime rien. Je n’ai pas d’intérêt pour rien. J’ai eu les capacités de faire mon DEC, ce que je pensais ne jamais être capable d’accomplir un jour. Bravo! Je dis cela sarcastique, car rien n’a changé pour moi. Même si les gens me disent que je fais un bon salaire, sincèrement, à part que j’avais besoin d’une voiture, cela n’a pas rempli mon vide intérieur que je suis incapable de combler. Je ne sais pas comment faire. Je me sens finie un point c’est tout.
Avant-hier, je revenais de la Station de ski où j’ai été porter les skis de ma fille. En revenant, je crois avoir pleuré tout le long. J’essayais de me forcer à trouver des beaux moments vécu avec mon amoureux. Je me suis souvenue qu’il m’avait alors été donné d’avoir du bonheur. Ces souvenirs m’ont semblé être si loins. J’aimerais tellement me sentir encore comme à ces instants passés. Où mon sourire était vivant, où j’avais envie de caresses et de tendresses. C’est comme si cette vie ne m’avait jamais appartenue. J’ai déjà dansé dans le salon avec mes enfants en riant, nous allions glisser le soir, nous allions faire du vélo en famille, je chantais dans la voiture avec elles. Avec mon mari, on passait des soirées au bord du feu sur le matelas s’entrelaçant, on a déjà eu des fous rires tellement réconfortants. On se prélassait au soleil sur le matelas au beau milieu de la piscine. Quand je revois ces moments, ça me rappelle que j’ai déjà respiré à pleine capacité. Le problème est que maintenant, les mêmes ingrédients sont là, mais que je suis incapable de trouver la recette. J’ai essayé, j’ai l’impression de faire semblant. Je n’ai pas envie de rien. C’est comme si une force intérieure m’avait privée de folie et de joie de vivre. Comme si le négatif prenait toujours le dessus et m’interdisait de rire. J’aimais danser, j’ai toujours aimé danser, maintenant je n’en ai plus envie, je me trouve ridicule sur une piste de danse. Je trouve que j’ai l’air constipée. Si je chante avec les filles, je me dis que j’ai l’air folle, franchement! Pourquoi? Là est la question. Je n’y comprend absolûment rien.
En décembre, lorsque je suis arrivée à l’urgence pour avoir de la médication, j’avais l’impression de ne plus être capable de respirer tellement la douleur était profonde. Je me serais mise en boule par terre dans la neige, n’importe où. Je me serais mise à crier comme une hystérique, mais sincèrement, j’en aurais été incapable. Quand cette oppression me prend, j’ai de la difficulté à parler alors il m’est sûrement impossible de crier malgré mon envie. Et ça changerait quoi de m’époumonner? J’ai peur de perdre le contrôle de moi-même. C’est terrifiant quand ça me prend. C’est comme si toute ma rancune accumulée, mes peines, mes deuils voulaient sortir en même temps. Je crie, je pleure, je marche vite, je tremble, je dis n’importe quoi, assez pour ne plus me souvenir de ce que j’ai dit exactement. Mélangeant tout et ne voyant plus rien, criant ma rage intérieure à en faire peur. Je m’en veut tellement de faire subir mes états d’âme aux personnes proches de moi. Je ne veut pas cela, mais j’en suis prisonnière malgré moi. Je suis prisonnière de la personne que je suis et que je ne veux pas être.

Je nage à contre-courant, vraiment. J’ai hâte de trouver le moyen de virer de bord. Ça fait 3 jours que je vais un peu mieux. J’imagine que les médicaments commencent à faire effet. J’ai pris mon rendez-vous avec la psychologue. Je vais lui donner sa chance de me tendre la main même si je n’y crois pas vraiment. Du moins, j’ai la nette impression que ma route sera longue… très longue, trop longue…

Moi-même.

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