Ah la dépendance affective… Et la solitude.

Elle a bien failli me tuer une fois…. 

Cette fois-ci, elle m’aura épuisée d’aplomb, mais pour m’en sortir plus forte et avec une belle leçon d’humilité !  Moi qui me croyais à l’abri de celle-ci et guérie en grande partie… 

Oui, c’est vrai que j’en suis guérie « quand même pas pire », mais je n’avais jamais imaginé l’étendue des dégâts.  Cette dépendance, elle a eu raison de moi pendant longtemps avant même que j’en prenne conscience alors elle a eu le temps de s’étendre… Après l’avoir reconnue en moi, je savais d’où elle avait pris naissance et reconnaissais qu’elle prenait une grosse place dans ma vie, mais jamais, au grand jamais, je n’avais pu en mesurer l’ampleur jusqu’à ce que je me retrouve vraiment seule avec moi-même.  Je n’y voyais en réalité que la pointe de l’iceberg.  Je vous le dis, j’ai pogné de quoi et c’est beaucoup plus qu’un ‘’deux minutes’’ !!

J’ai déjà souffert de soucis de performance pour laquelle j’en faisais toujours trop afin de me faire reconnaître d’autrui, par manque de reconnaissance envers moi-même et par besoin de me faire aimer.  Pour une intense comme moi, il est facile de trop en faire et de s’épuiser.  C’est ma bête noire, j’apprends encore à doser cette intensité, ce qui n’est pas toujours évident.  Trop souvent, la dose a été dépassée et c’est à ce moment que je le réalise.  Pour ne pas dire : « Réaliser trop tard, car il n’est jamais trop tard tant que l’on respire… »

Dans ce cas-ci, c’est la dépendance affective pure et simple qui s’est occupée de m’épuiser pour ne pas affronter ma solitude.  Sûrement aussi un petit peu du soucis de performance, du désir de me faire aimer et reconnaître par ma difficulté à dire « non » sans trop de me sentir coupable à certains moments, mais davantage, l’incapacité de rester seule avec moi-même, seule chez moi, à regarder le temps passer.  Croyez-moi, j’ai vécu l’expression : « Tourner en rond ». Pourtant, je suis une femme aux milles idées et projets.  J’avais de quoi m’occuper amplement, mais je fuyais tout.  Je me fuyais moi-même…

Je le savais, j’en avais plus ou moins conscience de tout ce que je faisais pour ne pas me retrouver seule avec moi-même trop longtemps, mais je préférais ne pas le voir. Côté aveugle volontaire, préférant me mettre la tête dans le sable, je peux être une vraie championne mondiale toute catégorie de la fuite!  Viva la fuita !!  Je me suis donc « garochée » dans le travail, dans la quête d’amour, dans la visite  de là où je viens, bref, en 2 ans et demi, si je suis restée seule chez moi sans aucune attente réelle que de m’occuper de moi, ça doit se compter sur une main… C’est le cas de la majorité d’entres-nous vous me direz.  À cela je vous répondrais que cette solitude, ce gros trou béant à l’intérieur de moi, je ne l’ai jamais ressenti tant que j’ai eu des enfants à la maison, un chum, des amies proches de moi et une routine quotidienne… Là, j’avais choisi cette réalité qui était devenue la mienne, mais après m’être retrouvée les deux pieds dedans, je me suis mise à tourner en rond et à ne pas savoir comment gérer tout cela.  Ma zone de confort inconfortable inconsciemment étant dans mon mécanisme de fuite, j’ai alors fais ce don je suis le plus à l’aise sans trop de savoir… J’ai fui!  J’ai fui ma solitude.   Elle était vraiment trop déstabilisante, inconfortable. Je ne voulais pas être là!  Lorsque j’ai eu mon poste de nuit, ça s’est encore aggravé pour la peine.  J’avais trop de journées « off », j’ai perdu l’équilibre, je me suis en quelque sorte noyée… Pour cela, mon gros ‘’nombril’’ (orgueil et Égo) en mange un coup, moi la perfectionniste aguerri , moi qui pensait être bien avec moi-même, je baissais les armes en m’étant fait un peu tordre le bras, encore une fois, c’est bon, j’ai compris, je me rends! Eh dire que j’ai écris un poème sur la solitude qui se promène sur quelques continents par le biais du livre de Marc Gervais : ‘’Apprivoiser sa solitude…’’

Retour en arrière…

J’ai fais le choix, en novembre 2016 de partir au loin pour l’affronter, cette solitude.  Pour aller guérir, entre autre, cette dépendance affective que je savais qui était en moi et qui me faisait faire un peu n’importe quoi et prendre bien des décisions sur des coups de tête, ce qui m’épuisait énormément émotionnellement et physiquement.  Ce départ était aussi une occasion pour moi de me mettre au défi et de surmonter les obstacles qui se dresseraient devant moi afin de poursuivre mon ascension vers mon estime et mon amour de moi-même.  Je voulais répondre à plusieurs de mes questions concernant mon travail, éliminer les « j’aurais dû », défier ma capacité à gérer mon stress, ma capacité d’adaptation, affronter mes peurs, me sentir libre, profiter du grand air, me découvrir, me choisir vraiment.  Bref pour de biens belles raisons qui pour la plupart, j’ai surmonté haut la main et dont je suis fière. …Fait du bien à l’Égo ça ;)…

En ce qui concerne ma dépendance affective.  Niet, no, nada, je ne l’ai jamais prise en charge.  Je l’ai laissé dans un coin, me suis « garochée » dans bien d’autres choses.  Je l’ai aussi transformée en me projetant, sans trop m’en rendre compte vers d’autres dépendances…Eh oui, ça se divise cette affaire-là !!  Il y a d’autres petites branches de pognées après le grand tronc !

Sans m’en rendre compte, j’ai dirigée cette dépendance vers la dépendance envers la souffrance des autres, dans le travail ainsi que dans ma quête de relation amoureuse.  Vous saurez, que pour le deuxième point, si vous voulez travailler, venez sur la Côte Nord, vous serai servi.  C’est un travail super intéressant soi dit en passant pour ceux et celles qui voudraient venir porter leur CV 😉 Quoi que pour une infirmière, ce n’est pas le travail qui manque un peu partout… Il me suffisait de demander de travailler télépathiquement, lorsque je revenais de Victo et le téléphone sonnait presque à tous les coups. Sur ce point, j’ai été servi.  Sur bien d’autres d’ailleurs, mais ça, ce sera un autre texte !!

Comme plusieurs le savent, j’ai commencé à travailler en croissance personnelle en 2014.  Après avoir pris conscience et ressentie sans l’ombre d’un doute que tout, absolument TOUT partait de l’amour de soi.  Là-dessus, je n’en démords pas, mon message a été trop clair et moi qui ne  connaissais rien là-dedans en plus, je ne peux pas ignorer cela, ça a été trop fort en moi. Bref, je n’embarquerai pas dans ces détails, mais continuerai à l’enseigner à qui veut bien l’entendre !!

 (Sachez cependant que dans toute mon humilité, je suis loin d’être parfaite et de maîtriser toutes les connaissances reçues moi-même.  J’ai encore une multitude de blessures à guérir qui sont présentement en train de me péter à la figure.  Je manquais encore grandement d’amour envers moi-même à un point tel que je ne voulais pas le voir et la vie, étant bien faite, a travaillé fort pour me réveiller, encore une fois…C’est en effet, le travail d’une vie.)

Quoi qu’il en soit, pour ne pas voir ma propre souffrance, mon propre manque d’amour envers moi-même, ma propre dépendance et autres belles bibittes bien enfouies, je me suis occupé de la souffrance des autres jusqu’à me retrouver seule.  Mon intention n’était pas mauvaise.  Loin de là.  Lorsque les gens que j’avais secoués me disaient que je leur avais fait du bien, ça remontait mon ÉGO.  J’en avais besoin, je me nourrissais de cela en quelque sorte et comblait le vide à l’intérieur de moi de cette manière.  Ça a fonctionné un bout de temps, jusqu’à ce que je choisisse de me rejeter moi-même, de renier qui je suis réellement pour essayer de revenir dans un moule et que mes anges se chargent de trouver le moyen de me rattraper.  Croyez-moi, ils n’y sont pas allés avec douceur,(langage que j’ai de la misère à comprendre..)  Quoi qu’il en soi, ils ont trouvé exactement le moyen de m’atteindre…  (Ce sera un autre texte).

Sans vouloir le voir, je me suis lancée dans la recherche de l’amour.  Mais c’était contradictoire.  Je recherchais l’amour, mais à toutes les approches que je recevais, je me disais non-disponible.  Prétextant que je n’avais pas de vie en ce moment donc, que ça ne valait pas le coup de rencontrer personne.  Vous ne pouvez pas vous imaginer toutes les stratégies de protection que je me suis créées moi-même pour repousser l’amour.  Je ne le crois pas même pas moi-même.  Le bouclier, il est épais…  Pourtant, j’aurais bien aimée trouver l’amour.  En fait, il n’y a qu’une personne que je souhaitais, que j’attendais, que je ne décrochais pas… Une personne que j’ai aimée comme je ne croyais pas que ça existait d’aimer de même.  C’était à en virer folle d’incompréhensions, de résistances…   C’était tellement souffrant et pourtant, l’amour n’est pas supposé être souffrant… C’est une expérience de vie qui m’a fait me questionner de long en large sur l’amour et sur la dépendance affective.  Loin d’être toutes résolues encore à ce jour, quelques réponses intéressantes m’ont quand même permis d’en apprendre plus sur moi.  Moi qui me croyais au dessus de tout cela, que je n’avais qu’à continuer d’avancer,  à balayer tout cela du revers de la main, à changer de cassette. Je peux vous affirmer aussi, sans l’ombre d’un doute, que ce que l’on fuit nous poursuit et que cela fini toujours par nous rattraper.  Pour ma part, ça me collait au derrière solide.  Une vraie plaie. J’ai donc arrêté volontairement de courir, j’ai rebroussé chemin et je suis allée à la rencontre de mon boulet, attaché à ma cheville pour m’asseoir à ses côtés et l’accueillir dans le but de bien le décortiquer pour ensuite m’en libérer.  Je n’ai même pas eu besoin de prendre la scie à fer, mon boulet s’est ouvert tout seul,comme un grand, me faisant voir tous ses précieux joyaux, nécessaires à une guérison.  Ça prendra le temps que ça prendra pour digérer tout cela.  Pour une fois, je ne suis plus pressée.  J’ai décidé d’aller au fond des choses, de guérir cette partie de moi qui est franchement meurtrie!  Pour faire disparaître cette tristesse au fond de mes yeux.  Pour retrouver mon plein pouvoir sur ma propre vie…  Pour me reconnaître via mes propres yeux.  Pour m’aimer dans mon propre regard et non, au travers du regard des autres.  Pour m’épauler moi-même, me sécuriser moi-même, pour m’encourager et croire en moi de plus en plus, pour accepter ma différence, pour  cesser de me rejeter moi-même, pour m’aimer vraiment avant de pouvoir aimer quelqu’un d’autre.   Je ne pensais jamais dire cela un jour, mais j’ai enfin compris le sens de la phrase : « Oui, je suis célibataire mais non, je ne suis pas disponible et surtout, je ne suis pas prête à l’engagement.  Ce ne serait pas un cadeau à faire à personne en ce moment »   Je dois d’abord et avant tout, me reconstruire vraiment.  Nos blessures d’âme, qu’on le veuille ou non, elles partent de nous-mêmes avant tout.    Il était temps que je le reconnaisse… Et ce n’est que le début !

Pour ce faire, j’ai tout arrêté.  Les discussions avec tous les amis qui aurait pu, ne serait-ce que me faire penser : « Peut-être que ça pourrait donner quelque chose lui et moi… » Et c’est là que je me suis rendue compte à quel point ça prenait de la place dans ma tête.  Cette quête d’amour.  Que mon esprit n’était jamais vraiment là, dans les instants présents, toujours parti à espérer, à chercher, à envier les couples autour de moi.  À bâtir ma vie en fonction de peut-être, être en couple.  Je me disais que finalement, même si mon couple me ferait souffrance, c’était mieux que rien.  Que si dans ma vie, certaines relations n’étaient pas compatibles, au moins j’aurais eu quelqu’un. Que de choisir de mourir à petit feu dans un couple souffrant, faisait mal, mais que ce mal était un moindre mal comparé à cette sensation de manque qui me tenaillait présentement.  En couple, je me sentais plus forte, soutenue, épaulée, en sécurité.  Il me poussait des ailes.  Et moi qui étais certaine que je n’avais pas besoin d’être en relation, que j’étais une femme accomplie, forte, indépendante et autonome.  À souffrir de l’absence de même, ce vide intense ressenti, cette sensation de tristesse qui me pèse, je me rendais compte que j’avais du chemin à faire avant de me solidifier et surtout, que je devais pour me guérir vraiment, faire face à ce gros démon que sans le savoir, j’ai « crissement » choisi et fui : Ma solitude.  Je me rendais compte à quel point je trouvais cela souffrant d’être seule et qu’encore une fois, j’aurais été prête à m’oublier encore pour ne pas l’être…  Cette peur de vieillir seule, de ne pas refaire ma vie me paralysait l’esprit.  Comme si je n’avais pas de vie ?!?… Incapable de savourer ma liberté.  Sans m’en rendre compte, juste le fait de savoir que peut-être  je pouvais compter pour quelqu’un, ça me gardait vivante, radieuse.  J’allais puiser, inconsciemment, une grosse partie de mon bonheur dans le couple ou dans l’espoir de l’être.  En gros, je me reconnaissais au travers des yeux d’un amoureux.  Ça menait une grosse partie de ma vie.  Étant donné que je me définissais beaucoup dans le couple, je me suis retrouvé à ne plus « Être ».  Et tout cela, je l’ignorais totalement jusqu’à ce que je cesse tout contact avec des hommes que je considérais peut-être comme prétendants potentiels.  Ceux pour lesquels je sentais une certaine admiration envers moi.  Et on ne parle même pas de rencontres réelles là.  Juste de clavardage ou de gens qui voulaient me « matcher », ce qui peut quand même agrémenter le jeu de la séduction et faire un petit velour sur l’ÉGO.  En gros, je ne voulais pas être seule, mais dans mes contradictions, je le voulais et le choisissais inconsciemment.  Tout m’a apporté là où je suis présentement pour vivre cette expérience.  Au fin fond de nul part, sur la route 138, trop loin des villages même pour me faire déneiger… Dans cette maison froide et sombre. Quel combat j’ai mené.  Tout cela, pour enfin arrêter de résister, arrêter de me battre. Pour enfin l’accueillir, pour l’apprivoiser cette solitude, y voir la douceur, la paix, le calme qu’elle apporte, pour m’apprivoiser moi, pour me guérir enfin de cette dépendance qui me ronge et me  permettre de me redonner mes ailes réelles, bien à MOI.  Rien que j’aurai du emprunter à d’autres pour avancer.  Je me suis recluse moi-même.  J’ai choisi mes épreuves, ça fesse quand même.   J’aurai pu choisir un chemin plus facile j’en conviens, mais têtue comme je suis, la facilité, je ne la choisissais pas.  Croyant à quelque part dans mes mémoires qu’il faut se la donner dure pour mériter… À partir d’aujourd’hui, je vais m’autoriser la douceur.  Ça aussi, il est grand temps.

Je raconte cela, parce que souvent, la souffrance, elle vient de quelque part.  Elle n’est pas là pour rien et malheureusement, on choisi de ne pas la regarder.  Des fois, on est pas prêt à la regarder et c’est correct.  C’est trop gros pour ce que nous pouvons absorber dans l’ici et maintenant.  Malgré son apparence et surtout l’inconfort qu’elle provoque, son rôle est toujours bienveillant.  Elle permet de nous aider à nous découvrir, à entrer en nous-mêmes, à nous reconnaître, à faire valoir notre lumière, à nous aimer de plus en plus. En l’ignorant, on croit bien faire, mais elle nous gruge sournoisement le dedans jusqu’à nous accoter au pied du mur et nous forcer à la regarder.  Plus nous l’ignorons et résistons, plus elle prend de l’ampleur.  Elle pèse lourd, émotivement et psychologiquement.  Tout est bien placé pour nous faire évoluer à notre rythme.  Moi qui me croyais à l’abri de tout cela, je sentais bien que quelque chose ou plutôt, bien des choses me rattrapaient et que je n’allais pas bien.    Je savais, mais ne voulait pas affronter, ne voulais pas voir, ne voulais pas aller creuser.  Je voulais continuer de fuir, de ME fuir, mais croyez-moi, ça épuise…  J’avais d’autres chats à fouetter, ça me tentait pas.  Je me disais que ça passerait avec le retour du beau temps.  Avec le temps tout court… Je me rends compte aujourd’hui que cette vague en plein visage, elle était nécessaire à mon cheminement et que par le biais de l’expérience, je continuerai à pouvoir aider les gens pour qui, comme je le dis, veulent bien accueillir l’humain en eux pour le faire rayonner de plus en plus. Je partage, car je sais que je ne suis pas toute seule sur ma route et que pour ma part, lorsque je lis ou reçois des témoignages, ça me fait du bien de sentir que je ne suis pas seule sur mon chemin.  Que nous sommes tous liés les uns aux autres, vivons tous des choses qui sont souvent semblables et que le partage est une force indéniable lorsqu’il se fait dans le non-jugement, dans l’écoute, dans l’ouverture et dans l’amour pur.

Cette souffrance, elle est nécessaire pour nous montrer le chemin à suivre, pour nous ramener vers notre « essence » à nous.  Il y a toujours un super beau cadeau de caché derrière celle-ci.  Suffit de l’accueillir et de lâcher-prise.  Eh non.. c’est pas toujours évident et non, on est pas obligé de passer par la Chine pour aller à Montréal 😉

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Avec amour xx Kathleen

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