L’emprise

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Cette attache émotionnelle envers certaines situations ou certaines personnes… Ce mot, ce lien qui nous empêche de circuler librement dans notre vie, dans nos pensées… Qui nous freine dans le dévoilement de notre « Être » profond. Cette peur de l’opinion, du jugement des personnes que nous aimons ou que nous avons aimés. Peut-être même, porte t’elle en elle un désir inconscient de se faire aimer ou pardonner, se pardonner à nous-mêmes d’une multitude de choses… Pour qui, pourquoi? Ce que j’en sais, c’est que ce lien est bel et bien présent et que sans en connaître la raison principale, elle peut parfois venir nous bousiller le dedans, une fraction de seconde et nous ramener loin derrière, là où nous avons souffert et surtout, là où nous n’avons plus envie de retourner. Par chance, en ayant conscience de ce phénomène et en voyant le ridicule derrière ces situations, il est plus facile de se ramener rapidement, mais bon… Il faut savoir en rire!

L’emprise, c’est cette peur de déplaire et de se sentir jugée, mais qui n’existe qu’à l’intérieur de nous, car si on s’y attarde réellement et que l’on pose la question aux personnes concernées, je suis presque convaincue qu’ils n’y comprendront absolument rien et qu’ils vous diront que c’est bien nous autres les pires de s’en faire avec des scénarios qui n’existent que dans notre tête! Dans le sens que fort probablement, ils n’en ont rien à foutre de nos choix, ils ne pensent pas à nous, à notre vie et que nous sommes les seuls à nous sentir jugés pour ce qui n’est pas… Ou ce qui n’est plus… Et s’ils y pensaient, ça changerait quoi?

J’en parlais à ma mère dernièrement et lui expliquait à quel point, cette emprise peut continuer d’être présente, même à 42 ans et ce, même en habitant à 300km de chez elle. C’est pareil pour mes filles envers moi. C’est fort le lien de vouloir être « parfaite » aux yeux de nos parents. Ok, ce n’est peut-être pas présent chez tout le monde, mais combien d’entre-nous, à la visite de nos parents vont se dépêcher de ramasser la maisonnée et que s’ils n’ont pas eu le temps de le faire, vont ressentir, même minime, un certain malaise concernant le ménage… Une minime peur, de ne pas être à la hauteur, une infime peur de se sentir jugé… Pourquoi? Parce que dans mon cas, je sais très bien que depuis des générations, on m’a laissé croire que la valeur d’une femme est liée entre-autre, à l’apparence de sa maison. Parce que de nombreuses mère et grand-mère nous ont fait un commentaire « plate » concernant la poussière présente sur les meubles ou la seule et unique graine sur le plancher de la cuisine… Il n’a suffit que d’une seule fois, pour quelqu’un de perfectionniste ayant une faible estime d’elle-même pour se sentir inférieure, pas à la hauteur et pour enregistrer cette « fausse croyance » que la qualité de son ménage était le reflet de sa valeur personnelle… Allons donc juger les autres cultures maintenant! Aussi banal qu’est cet exemple, c’est ancré dans plusieurs cerveaux alors imaginez le reste…

(Petite parenthèse concernant les « fausses croyances »… Je suis allée à la friperie et j’entendais quelques femmes discuter entre-elles et l’une d’elle parlait de fierté… Elle disait qu’elle connaissait des gens trop fiers pour venir ici, mais qu’elle, elle n’avait pas de fierté, car elle venait se vêtir ici régulièrement. Personnellement, j’étais là, habillée toute croche dans mes préparatifs de déménagement et j’étais fière d’y être. J’étais fière de moi. De me trouver de nouveaux vêtements qui n’étaient pas planifiés parce que j’allais porter des trucs. Fouiller et faire des trouvailles me rendait très heureuse. Tout est question de perception. Mais qu’est-ce que la fierté exactement?)

J’ai 42 ans et j’ai encore ce désir profond de plaire à mon père. Est-ce typiquement féminin? Je n’en sais rien, mais je trouve cela ridicule, cette peur de déplaire. Mon père, il s’en fout tellement en plus de mes choix. Il a le droit de croire que lui, ne ferait pas les mêmes choix que moi, mais ça n’enlève rien à l’amour et à la fierté qu’il a pour moi. C’est donc à moi de m’assumer et de croire en moi, car lui, il le fait déjà, tout comme je le fais envers mes propres enfants. Un exemple, mon père n’aime pas vraiment les chiens… J’avais peur de lui dire que j’allais me procurer un chien et lui ai dit seulement une fois que mon chien était arrivé à la maison. Ça vous donne une idée… Je suis partie en road trip avec ma fille. Je sais très bien que financièrement, je n’avais pas les moyens de le faire et que sur ce point, ce n’était pas le bon moment. Je n’osais pas lui dire par peur de me sentir irresponsable… Je change d’emploi souvent, je vais là où me porte mon cœur. Ce n’est pas de sa génération, je me sens jugée. Pourtant, mon père, il n’a jamais eu besoin de rien dire de négatif dans tous les choix que j’ai fait. J’ai ressenti souvent que lui, n’aurait pas fait cela de cette manière, mais malgré tout, il a toujours été là pour m’encourager dans mes choix. Même quand je me suis mariée pour les « mauvaises raisons » et qu’il m’a avoué beaucoup plus tard en avoir eu une bonne idée, il n’a pas parlé et m’a laissé vivre ma propre expérience. En gros, il m’a toujours laissé vivre mes propres expériences, mais un parent reste un parent… Ils souhaitent toujours le meilleur pour nos enfants et leur meilleur passe souvent par les choix qu’eux verraient pour leurs progénitures au travers de leurs propres expériences à eux pour nous empêcher de nous péter la gueule là où eux, auraient pu sauver du temps et des larmes!

Et puis ça vient d’où cette peur du jugement, ce besoin de plaire, d’être aimé, de performance, de perfectionniste, ce besoin de reconnaissance du paternel? Ça vient de loin, c’est enfoui profond depuis notre tout jeune âge et c’est normal. Ce qui l’est moins, ou plus contraignant, c’est de donner du pouvoir à cette emprise une fois rendu adulte. Par chance, pour ma part, ça ne m’empêche pas de poursuivre mes choix et de foncer dans ma vie, mais j’y pense quand même et surtout, à quoi bon me casser la tête et me priver de belles discussions, de partages à cause de ma peur d’être jugée, qui n’existe que dans ma tête? Sérieusement, c’est ridicule.

Certaines personnes nous laissent une emprise plus que d’autres aussi. Probablement dû aux nombreux reproches entendus, aux non-dits, à la difficulté de se pardonner totalement à soi-même en premier, à la difficulté de reconnaître réellement notre valeur personnelle, à remettre en doute, cette valeur personnelle… Combien de personnes entendent encore les reproches de leurs « ex » même s’ils ne sont plus présents dans leur vie. C’est aussi cela, se rebâtir! C’est de faire le ménage dans ce qui nous appartient et ce qui ne nous appartient pas. C’est de se choisir, se re-choisir encore de plus en plus et ce, sans faire de mal à personne. C’est de reconnaître notre valeur, d’agir avec notre cœur, nos envies pour nous-mêmes en laissant le droit aux autres de nous juger s’ils le désirent. C’est apprendre à lâcher-prise là-dessus et comprendre que tout part de l’intérieur de nous-mêmes et de ce qu’on en fait de ces jugements! Leurs accordent-on de l’importance, de la vérité ou non? Ceux-ci peuvent nous faire évoluer grandement ou nous maintenir dans la peur (état de victime), soit en se « privant » « d’Être » réellement nous-mêmes, nous effaçant et nous punissant nous-mêmes ou soit, en nous faisant prendre conscience de l’emprise qu’ils ont sur nous pour nous en libérer et nous permettre de déployer nos ailes toujours de plus en plus haut afin d’y savourer la liberté intérieure! Les autres vont toujours avoir leur opinion, comme nous, nous avons les nôtres. Ils détiennent leur propre vérité, nous créons la nôtre. Que leurs jugements soient réels ou dans nos scénarios imaginaires, ça ne change pas grand-chose au final, car ceux-ci leurs appartient et nous n’avons aucun contrôle là-dessus. Il n’en tient qu’à nous de se choisir de plus en plus, de s’estimer de plus en plus, de croire en nous, en notre valeur, de nous aimer et de choisir de vivre notre vie pour nous avant tout en semant de l’amour de plus en plus partout autour de nous. Ok, c’est un travail de tous les jours, mais bon… Tout s’apprend!

Tout est possible à celui qui croit et bien moi.. J’y crois! 🙂
Kathleen xx

4 réflexions au sujet de “L’emprise”

  1. Ton article me parle 😉 J’ai choisi de mettre plus de 800km entre mes parents et moi pour pouvoir vivre ma vie. Ils sont charmants mes parents mais ils sont très présents, quand on vivait dans la même ville, ma mère passait à l’improviste chez moi, j’avais l’impression d’être toujours son petit enfant alors que j’étais déjà adulte ! Quant à mon père, il avait tendance à se confier à moi comme si j’étais sa psy et ça devenait gênant… Pour mettre des limites, j’ai déménagé et depuis nos rapports sont beaucoup plus sains et sereins. Ils me reprochent d’être partie loin mais je suis la personne la plus importante de ma vie, c’est mon choix et j’en suis très heureuse. Depuis j’ai appris à dire « non » à mes parents, ils me respectent et me considèrent comme une femme, pas comme leur fille. Parfois il faut prendre des mesures drastiques pour changer de vie (et trouver la plénitude dans mon cas). Merci pour cet article 🙂

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