S’autoconsoler…

téléchargement (1)Suite à mon accident récemment, je me suis fais dire à quelques reprises : « On dirait que tu essaies de te consoler… » Affirmatif, c’est exactement ce que je fais! Mais dites-moi, que pourrais-je bien faire d’autre? Ah oui je sais, je pourrais m’en vouloir, je pourrais nourrir ma colère, je pourrais nourrir ma peine, mon dégoût, mon impatience… Je pourrais focusser sur ce que j’ai perdu, sur le négatif au lieu du positif… Mais, ça me donnerait quoi? J’ai été 37 ans de ma vie à le faire et mis à part me tirer moi-même dans le pied ça ne m’a pas apporté grand-chose et surtout, ça ne m’a jamais rendu ce que j’avais perdu.  Je suis d’accord, il faut vivre l’émotion.  Après 5 jours de douleur, après que ma mère et ma fille soit partie, j’ai goûté à la frustration, au découragement et à l’impatience… Je me suis posé LES fameuses questions ; Mais pourquoi donc est-ce arrivé?  Pourquoi moi?  Qu’est-ce que j’avais encore à apprendre là, maintenant pour que ça m’arrive?  Je n’avais pas besoin de cela dans ma vie!  Ça ne me le tentait pas du tout de vivre cela!  Si j’avais pu m’en passer dites-vous…

Le hic est que maintenant, avec toutes mes expériences de vie, je ne peux plus envisager demeurer dans cet état et ce, même si la situation actuelle me rend la vie plus compliquée et pour être franche et directe, « me fait chier »! La raison est simple, j’ai compris que les réponses, je ne les aurai probablement jamais et que nager à contre-courant serait probablement plus difficile, retarderait ma guérison (physique et mentale), que ça ne me ramènerait pas mon ti-bout et que ça ne me rendrait pas la vie plus simple dans l’immédiat donc… À quoi bon victimiser?  Parmi toutes mes expériences et mes épreuves, j’ai aussi cessé de me voir comme le nombril du monde… Ok, ma situation est poche, la vie aurait pu passer go cette fois, mais non, je devais y passer encore une fois!  Je disais même avant cet accident à ma fille que de juillet à juillet de l’an dernier à cette année, je considérais que c’était la pire de mes années vécues à vie dans mes épreuves, mes deuils mes imprévus et une foule de merde poche que j’aurais bien pu me passer, mais que malgré tout, j’étais heureuse d’être rendu là dans mon évolution, car j’ai appris énormément et que je m’en sortais plus forte.  Si on recule de quelques années, je ne sais pas dans quel état je m’en serais sortie, mais aujourd’hui, mon regard sur la vie ayant changé, je réussis à justement, mieux me consoler et à retomber sur mes pattes rapidement.  Un de mes trucs est de savoir que la vie est parsemée d’épreuves, que ça en fait partie, c’est ça la vie et que de focusser sur les aspects positifs, ça m’aide énormément.  Malgré l’événement poche de cette journée, il faisait super beau, ma teinture était faite, j’étais épilée, tout était placé dans mon nouvel appartement, j’étais foule de bonne humeur, me sentant une nouvelle femme.  Il ne me restait que le gazon que j’étais heureuse de faire et ensuite, promenade et détente à Tadoussac!  Finalement, je pouvais me permettre cet accident, tout était fait, je n’avais plus besoin de ma main avant le mois prochain!  L’Univers en aura décidé ainsi, faut croire!!

Sur la table d’opération, n’ayant plus le contrôle sur mon bras anesthésié, je me suis souvenu du livre de Grand corps malade… J’avais beau me concentrer pour bouger l’index, rien ne répondait à l’appel… Bizarre de sensation.  Ça m’a fait rigoler!  Mais moi, cet état était temporaire!  Pour plusieurs, se réveiller et ne plus avoir l’usage d’un ou de plusieurs de leurs membres est permanent… Toutes les personnes ayant eu des AVC et devant réapprendre à parler, manger, marcher, écrire etc… Cette personne qui, sous l’emprise de son gourou s’est fait amputer des doigts au beau milieu du bois…  J’ai eu une pensée pour tous ces gens qui, suite à un cancer, perdent un morceau d’eux-mêmes… De leur féminité…

Le deuil, l’adaptation… Vivre l’expérience humaine, c’est aussi accepter les épreuves qui viennent avec et qui souvent, ne sont pas au programme… Mais on passe tous par des souffrances quelconques… Pourquoi ma souffrance serait-elle pire que celle d’une autre? Non, je ne suis pas plus forte que personne, j’ai juste changé ma manière de penser dans le meilleur de mes intérêts.  C’est purement égoïste et par amour pour moi.  Jusqu’à quel point ai-je le droit de me plaindre quand je pense à cela? À moi aussi, ça peut m’arriver le pire que ce que je viens de vivre…  Personne ne le choisit vraiment et pourtant, j’ai une philosophie spirituelle qui me dit sans nul doute que tout arrive pour tout dans la vie. Je ne comprends pas la raison pour laquelle je devais perdre temporairement l’usage de mon bras et de ma main gauche, mais je remercie quand même que ce ne soit pas plus pire que cela.  Le fait qu’il me reste ma main droite et que je puisse l’utiliser est un cadeau du ciel à bénir et non à sacrer après.  Merci également à mon côté manuel, ma débrouilllardise et mon côté optimiste dans la vie.  Ce que je me rends compte aujourd’hui, c’est qu’effectivement, toutes les autres épreuves dans ma vie m’ont vraiment servi. Je les remercie!

On a beau avoir du support dans la vie, mais je crois qu’il est essentiel d’apprendre à se trouver des moyens pour se consoler soi-même car le gros bout de la job de guérison, il n’y a que nous qui puissions le faire.  Les autres peuvent mettre un « plaster » sur le bobo, nous encourager, mais ce n’est pas eux qui vont la vivre l’épreuve. Ils retourneront chez eux… Ce ne sont pas les autres qui devront s’adapter dans votre nouveau corps, votre nouvelle réalité.  C’est à vous de choisir comment vous allez vivre dans votre futur. Ce n’est pas toujours facile, j’avoue. Si ma peine d’amour avait été si évidente à passer!! Hahaha!  On a beau savoir que d’autres ont vécu une peine d’amour, il me semble que notre histoire est toujours la pire, surtout quand on ne la comprend pas nous-mêmes! Il faut croire que certaines épreuves sont plus coriaces que d’autres, mais au final, l’important est de toujours continuer d’avancer, de cheminer, de croire en nous, de reconnaître notre valeur profonde et de réussir à se consoler assez pour ne jamais s’abandonner.  C’est notre rôle en tant qu’adulte. Ça s’apprend, ça aussi… 

Je crois que l’expérience humaine mérite d’être vécue jusqu’au bout, peu importe dans quel état nous serons au fil d’arrivée!!  Pour ma part, tant que je continuerai de penser, j’existerai! Tant que je pourrai sourire, aimer, respirer, ressentir…  Je me sentirai en vie et c’est là-dessus que je m’appuierai pour me consoler lors des moments les plus sombres!  De la lumière, il y en a toujours quelque part!! The Mental!!

Kathleen xx

2 réflexions au sujet de “S’autoconsoler…”

  1. Bravo pour ce post, c’est rafraîchissant de lire tes mots, on lit tellement de blogueurs qui se plaignent et sont déprimés… Je suis d’accord avec toi, tout est question de mindset ! Et non je ne te trouve pas égoïste, comme je dis toujours : je suis la personne la plus importante de ma vie. Si je ne prends pas soin de moi, qui va le faire ? On se sauve soi-même, on n’a pas besoin des autres pour le faire à notre place. Quand j’ai compris ça, ma vie a pris un tournant.

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