Je suis capable tout seul!

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J’étais au Mont Ham avec une de mes filles voilà 3 ans environ et lors de notre descente, nous avons croisé un couple dans la cinquantaine.  Ceux-ci nous ont alors demandé ; « Avez-vous monté dans cette piste-ci ou l’autre plus apique là-bas? »  Nous avions pris la plus apique pour monter.  Alors ils ajoutent ; « On a cru voir des petits enfants monter cette pente, croyez-vous qu’on aurait été capable de la monter? »  Nous de répondre en cœur : « Bien certainement! »  Et eux de me répondre ; « Ouin, pas sur finalement si on serait capable, ça semble difficile, on essaiera peut-être un jour. »

Cette journée-là, en montant, nous avions croisé de très jeunes enfants dans la piste abrupte, mais également des personnes qui devaient frôler les 70 ans.  Certes, ils ne montaient pas à notre rythme, mais ils montaient, tranquillement et sûrement, admirant les beautés du paysage.

Je me suis donc mise à réfléchir et une question m’est venue en tête :

Mais à quel âge exactement on commence à croire qu’on n’est pas capable?!?  Ça vient de où ça?!?

J’ai partagé mes réflexions à ma fille.  Maintenant je vous partage mes observations et vous trouverez peut-être des réponses plus précises ou du moins, de belles pistes pour votre futur!

J’ai quelques unes de mes amies qui ont des enfants ou qui travaille avec des enfants d’environ 2 à 5 ans.  Lorsque les enfants viennent à la maison, ils ne cessent de bouger.  Ils grimpent sur les divans, les lits, ils ouvrent les armoires, ils touchent et goûtent à tout.  Quand vient le temps de mettre les mitaines, les bottes ou les manteaux, quelle n’est pas la surprise et parfois le grand désarroi d’entendre le fameux : « Capable tout seul ».  Et là, l’enfant se débat vraiment.  Si nous mettons la tuque, il la retire et c’est un combat, car il veut la mettre tout seul et il sait qu’il va y arriver.  À mon avis, le développement de l’autonomie est instinctif et essentiel.  C’est certain que dans un monde de rapidité comme aujourd’hui, on n’a pas toujours le temps et même j’oserais ajouter, on ne prend pas toujours le temps de le laisser faire par lui-même.  Mais une chose est certaine, s’il a décidé qu’il était capable de le faire, il l’est et ce, peu importe la manière qu’il prendra pour y parvenir et ce que ça aura l’air au bout du compte!

L’enfant découvre le monde d’une manière extraordinaire.  Il n’a pas de filtre.  Pour lui, tout est spontané et possible!  Il touche et goûte à tout, il grimpe partout.  Il observe, agit, réagit, se fait mal, pleure se redresse et continue d’explorer.  Si un enfant voit une grosse pente apique, il ne se pose même pas la question, serais-je capable de monter là?  Il monte!  Il est dans l’action, la création et.. il est heureux!!  Ok, c’est dans les extrêmes et il se met en danger mille fois par jour.  C’est pour cette raison que nous sommes présents.  Mais là je me suis demandé, à partir de quel âge nous décidons de laisser gagner la paresse ou nos peurs multiples (de paraître, de ne pas y arriver, de manquer de moyens etc…) prétextant ne pas être capable de passer à l’action ou d’y arriver?  À partir de quelle âge nous nous empêchons même d’essayer…

Combien de personne aimerait coudre, dessiner, peindre, tricoter, cuisiner, sculpter, faire de la rénovation, pratiquer un sport, changer de travail, chanter, jouer d’un instrument et se dises et incapable de le faire.  Il est où le problème?  Est-ce qu’il vous manque des mains?  Un cerveau?  Du temps?
Êtes-vous impotent? Seriez-vous trop exigeant envers vous-mêmes par hasard, trop perfectionniste, trop paresseux?  Vous voudriez commencer en étant expert en partant et oublier de vous amuser dans un désir d’apprendre et une fierté de constater l’amélioration au fur et à mesure de la pratique?  Auriez-vous peur de vous tromper, de ce que les gens vont penser de vous si ce que vous faites n’est pas à la  hauteur de vos propres attentes, que ce soit trop difficile?  Parce les gens autour, ils ne portent pas vraiment attention à votre vie vous savez!  Certains vous critiqueront, certains vous encourageront, mais au final, ils continuent leur vie à eux…

À partir de quel âge devenons-nous des juges intransigeants envers-nous même et que nous cessons de jouir du simple fait de partir à la découverte de nouvelles expériences?

Lorsque nous sommes tout petits, il me semble que la cellule du souci de bien paraitre est inexistante.  On fait notre dessin et voilà, il est beau à coup sur.  On regarde le dessin de l’autre, il est beau à coup sur lui aussi.  On peut barbouiller les dessins des autres, il n’y en a pas de problème, ils resteront beaux!  Parfois ça peut causer conflit, mais juste parce que ça, c’est MON dessin!!  Ensuite viens le temps d’apprendre à lire et écrire.  On as-tu pratiqué tout le monde!!  Chaque lettre, retracée des centaines de fois, dans le bon sens.  Le problème est qu’on ne s’en rappelle pas!  Mais dans ce temps-là, on s’acharnait à la tâche.  On persévérait pour réussir!  Je n’ai jamais vu un enfant regarder dans le cahier de son voisin et se dénigrer en disant que les lettres du voisin étaient plus belles que les siennes et que pour cette raison, il cesse de vouloir apprendre à écrire.  Il peut bouder et piquer des colères, parce qu’il trouve cela difficile ça oui, mais il se retrousse les manches et il continue.  Ça ne s’est pas fait en une journée!  Même chose pour la lecture, l’apprentissage de faire ses boucles, de tenir une cuillère, de parler.  On a eu la langue fourchue à plusieurs reprises et on en a fait des nœuds dans nos bottines!  Mais on ne s’en rappelle pas!  Des fois, je me dis que les enfants sont plus matures que les adultes.  Plus patients et surtout, plus persévérants.  Parce que toutes les premières fois créé un stress et ce, pour tout le monde.  Tous les apprentissages demandent un effort, de la patience, de la persévérance, de la tolérance envers nous-mêmes, une croyance en ses capacités et un grand amour de soi.  On se laissait la chance d’apprendre.  On se donnait le droit de recommencer.

Alors, à quel âge s’est-on brouillé le cerveau avec des peurs, des comparaisons, des exigences, de la paresse, des désirs de facilité et de perfection immédiate?  À quel âge avons-nous cessé de croire en nous?  À quel âge avons-nous, en quelque sorte, cessé d’exister pleinement, de s’amuser?  À quel âge avons-nous commencé à nous autosaboter et à manquer d’amour envers nous-mêmes?

L’enfant en nous, il n’est pas très loin, il suffit de se souvenir, d’y croire, de s’amuser et peut-être… De reformater certaines croyances!  Ai-je besoin d’en rajouter?

Kathleen Chouinard

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